Live en cours

Un journaliste américain a été tué à Irpin dimanche. Dans la matinée, le bombardement d’une base militaire près de Lviv et de la Pologne a fait au moins trente-cinq morts, selon les autorités locales.

Le point sur l’invasion russe en Ukraine

  • Les troupes russes cernent de plus en plus Kiev (Nord) : présentes dans les faubourgs de la capitale, elles cherchent à éliminer les défenses à l’ouest et au nord de la ville pour commencer à l’encercler. Des frappes russes ont détruit, dans la nuit de samedi à dimanche, l’aéroport de Vassylkiv, à 40 kilomètres au sud de Kiev, et un dépôt de pétrole, également touché, a pris feu, selon les autorités locales.
  • Dans l’est du pays, des frappes sur un monastère de la région de Donetsk ont fait une trentaine de blessés, tandis que des bombes au phosphore ont frappé une localité de la région de Louhansk, selon des responsables ukrainiens – une information invérifiable dans l’immédiat.
  • Des frappes russes ont touché, dimanche, la ville portuaire de Mykolaïv, proche d’Odessa, dans le Sud de l’Ukraine, et fait au moins onze morts, selon les autorités ukrainiennes.
  • Les efforts de l’armée russe se poursuivent sur Marioupol (Sud-Est). Assiégée depuis douze jours, à court de nourriture, la cité portuaire est privée d’eau, de gaz, d’électricité et de communications. Des tentatives d’évacuation de centaines de milliers de civils ont échoué à plusieurs reprises. Plus de 2 100 habitants de la ville ont été tués depuis le début de l’offensive russe, a annoncé dimanche la mairie.
  • L’ouest du pays, jusqu’ici épargné, est désormais touché. Des frappes aériennes russes ont visé, dans la nuit de samedi à dimanche, une base militaire près de la frontière polonaise, faisant 35 morts et 134 blessés, selon les autorités ukrainiennes. Une frappe a aussi visé l’aéroport d’Ivano-Frankivsk, à une centaine de kilomètres au sud de Lviv, selon le maire.
  • Au centre du pays, l’enjeu se concentre sur Dnipro. Cette cité industrielle d’un million d’habitants est située sur le Dniepr, le fleuve qui marque la séparation entre l’est, en partie prorusse, de l’Ukraine et le reste de son territoire.

Le point sur la situation

  • Des frappes aériennes russes ont visé, dans la nuit de samedi à dimanche, une base militaire dans l’ouest de l’Ukraine, près de la frontière polonaise, et fait 35 morts et 134 blessés, selon un bilan communiqué par les autorités ukrainiennes dimanche à la mi-journée. La base de Yavoriv, située à 40 kilomètres au nord-ouest de Lviv, était l’un des principaux centres servant aux exercices militaires conjoints avec l’OTAN.
  • Brent Renaud, un journaliste américain indépendant de 50 ans, a été tué par balle dimanche à Irpin, dans la banlieue nord-ouest de Kiev, où les combats font rage depuis plusieurs jours. Il est le premier journaliste étranger à être tué depuis le début de l’invasion russe, le 24 février.
  • Dans la ville assiégée de Marioupol (Sud-Est), où la situation est « quasi désespérée » selon Médecins sans frontières, les habitants espéraient l’arrivée dimanche d’un convoi d’aide humanitaire, resté plus de cinq heures bloqué à un barrage russe samedi.
  • Une grande manifestation a eu lieu dimanche à Kherson (Sud), pour protester contre l’occupation de la ville par les forces russes, selon des médias locaux. Cette ville de 290 000 habitants est tombée aux mains de l’armée russe dans la nuit du mercredi 2 au jeudi 3 mars.
  • En vingt-quatre heures, quelque 100 000 personnes sont venues grossir les rangs des réfugiés qui ont fui les combats, portant leur nombre à près de 2,7 millions, selon un décompte publié dimanche par les Nations unies.
  • « Environ 1 300 » militaires ukrainiens ont été tués depuis le 24 février, a annoncé samedi le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, ainsi qu’au moins 596 civils, selon le décompte dimanche de l’ONU, qui souligne que ses bilans sont probablement très inférieurs à la réalité.

Un journaliste américain tué et un autre blessé à Irpin

A la lisière nord-ouest de Kiev, dans la ville d’Irpin, un journaliste américain a été tué et un autre blessé par balle dimanche, a appris l’Agence France-Presse (AFP) de sources concordantes. Les forces ukrainiennes y combattent les forces russes.

Les deux hommes ont été touchés alors qu’ils circulaient en voiture avec un civil ukrainien, également blessé, a précisé à l’AFP Danylo Shapovalov, un médecin engagé auprès des forces ukrainiennes qui a pris en charge les victimes. Un journaliste de l’AFP a vu le corps du journaliste tué.

Le New York Times, journal américain avec lequel le journaliste a collaboré pendant plusieurs années, s’est dit « profondément attristé d’apprendre [son] décès » dans un communiqué, soulignant qu’il ne couvrait pas le conflit en Ukraine pour le journal.

Des attaques russes touchent une base militaire dans la région de Lviv, près de la frontière polonaise

Les forces russes ont bombardé dimanche une base militaire dans la région de Lviv, située dans l’ouest de l’Ukraine, près de la frontière polonaise et jusque-là relativement épargnée par le conflit, ont affirmé les autorités. « Les occupants ont mené une frappe aérienne sur le Centre international pour le maintien de la paix et la sécurité. D’après les informations préliminaires, ils ont tiré huit missiles », a déclaré l’administration régionale de Lviv dans un communiqué.

Selon un nouveau bilan établi par le gouverneur régional, les frappes russes ont fait 35 morts et 134 blessés. Un premier bilan communiqué par le gouverneur militaire de la région de Lviv, Maksym Kozytsky, sur Telegram, avait fait état de neuf morts et cinquante-sept blessés. Andri Sadovy, le maire de Lviv, située à une quarantaine de kilomètres de la base, avait fourni le même bilan, également sur Telegram. Des instructeurs étrangers « travaillent » sur la base militaire bombardée dans la nuit de samedi à dimanche par la Russie, à une vingtaine de kilomètres de la frontière polonaise, a déclaré le ministre ukrainien de la défense, Oleksii Reznikov. « L’information sur les victimes est en train d’être clarifiée », a déclaré le ministre dans un tweet.

Cette base militaire est située à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Lviv, où de nombreuses personnes déplacées par l’invasion russe ont afflué. Plusieurs pays y ont aussi déplacé leur ambassade, jugeant cette ville plus sûre que Kiev, la capitale. Par ailleurs, le maire d’Ivano-Frankivsk, ville située à une centaine de kilomètres au sud de Lviv, a affirmé qu’une « frappe » avait visé tôt dimanche l’aéroport de cette localité. « Les explosions survenues ce matin sont dues à une frappe sur l’aéroport. Nous sommes en train d’établir l’ensemble des faits », a déclaré sur sa page Facebook Rousslan Martsinkiv.

Cette base militaire est située à Iavoriv, à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Lviv et à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec la Pologne, pays membre de l’OTAN. Elle a servi ces dernières années de terrain d’entraînement aux forces ukrainiennes sous l’encadrement d’instructeurs étrangers, notamment américains et canadiens. La base de Iavoriv était aussi l’un des principaux centres servant aux exercices militaires conjoints entre les forces ukrainiennes et celles de l’OTAN. Les troupes étrangères ont quitté l’Ukraine peu avant le début de l’invasion russe. C’est en outre sur cette base qu’arrive une partie de l’aide militaire livrée à l’Ukraine par les pays occidentaux.

Tout le live

Le dirigeant tchétchène Kadyrov assure se trouver en Ukraine

Le dirigeant de la république russe de Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, un protégé du président Vladimir Poutine, assure se trouver en Ukraine aux côtés des forces de Moscou. M. Kadyrov, dénoncé par les ONG internationales pour les graves violations des droits humains qui ont lieu dans sa république du Caucase, a publié sur Telegram une vidéo le montrant en tenue militaire en train d’étudier des plans autour d’une table avec des soldats dans une salle.

Cette information n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante.

Il a assuré dans un message que cette vidéo avait été tournée à Gostomel, aérodrome situé près de Kiev, la capitale ukrainienne, capturé par les forces russes dans les premiers jours de leur offensive.

« L’autre jour, nous étions à environ 20 km de vous, les nazis de Kiev, et maintenant nous sommes encore plus proches », a écrit M. Kadyrov, appelant les forces ukrainiennes à se rendre, « ou vous serez finis ».

« Nous vous montrerons concrètement que la pratique russe enseigne la guerre mieux que la théorie étrangère et les recommandations des conseillers militaires », a-t-il ajouté.

Washington avertit Pékin de « conséquences » en cas d’aide à la Russie

Le conseiller américain à la sécurité Jake Sullivan, qui doit rencontrer le haut diplomate chinois Yang Jiechi à Rome lundi, a déclaré dimanche à CNN que Washington pense que la Chine savait que la Russie prévoyait une action en Ukraine, sans en avoir véritablement mesuré l’ampleur.

D’après l’agence Reuters, il a averti Pékin qu’il y aurait des conséquences en cas d’aide à Moscou pour réduire les répercussions des sanctions imposées après l’attaque sur l’Ukraine.

Il a déclaré sur NBC :

Nous veillerons à ce que ni la Chine, ni personne d’autre ne puisse compenser ces pertes pour la Russie. Je ne vais pas exposer en public les moyens spécifiques de le faire, mais nous communiquerons cela en privé à la Chine, comme nous l’avons déjà fait.

M. Sullivan a également déclaré à CNN que Washington surveillait de près dans quelle mesure Pékin fournissait un soutien économique ou matériel à la Russie.

Macron s’est entretenu avec Volodymyr Zelensky et Joe Biden

Un communiqué de l’Elysée informe ce soir que le président français s’est entretenu aujourd’hui avec ses homologues ukrainien et américain.

Il a détaillé à M. Zelensky l’aide supplémentaire que l’Union européenne a décidé d’apporter à l’Ukraine, lors du sommet de Versailles qui s’est tenu jeudi et vendredi. « Les deux chefs d’Etat ont échangé sur la suite des négociations entre la Russie et l’Ukraine », était-il ajouté dans le communiqué.

Le texte précise que, auparavant, MM. Macron et Joe Biden « se sont accordés pour renforcer les sanctions déjà prises à l’égard de la Russie, apporter leur soutien à l’Ukraine et prendre de concert toutes les initiatives utiles à l’arrêt des combats ».

Le convoi humanitaire espéré à Marioupol devrait arriver lundi après-midi, selon Zelensky

Dans son message vidéo quasi quotidien, publié sur le site de la présidence ukrainienne, Volodymyr Zelensky déclare ce soir que le convoi humanitaire attendu dans la ville de Marioupol devrait arriver lundi après-midi.

« En raison de la complexité de l’itinéraire, ils ont dû passer la nuit à Berdiansk », précise-t-il.

Berdiansk se situe aussi sur les bords de la mer d’Azov, à environ 75 km à l’ouest de Marioupol, cette ville portuaire assiégée par les forces russes et en proie à une situation humanitaire catastrophique.

L’intervention vidéo du président ukrainien est à suivre ci-dessous, et voici un lien vers sa traduction en anglais.

Volodymyr Zelensky réclame une zone d’exclusion aérienne, sinon « les roquettes russes vont tomber » sur l’OTAN

Dans une vidéo publiée ce soir, le président ukrainien exhorte de nouveau l’OTAN à instaurer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de son pays.

« Si vous ne verrouillez pas notre ciel, ce n’est qu’une question de temps, les roquettes russes vont tomber sur votre territoire, sur le territoire de l’OTAN, a déclaré M. Zelensky.

Le drone qui s’est écrasé jeudi en Croatie portait une bombe aérienne

Un drone militaire de conception soviétique s’est écrasé jeudi à Zagreb. « Nous avons découvert sur l’engin des parties de la bombe aérienne (…) et nous pouvons dire pour l’instant qu’il s’agit d’une bombe aérienne qui était utilisée sur des avions de fabrication soviétique », a déclaré, aujourd’hui, à la presse le ministre croate de la défense, Mario Banozic.

Les autorités croates ont précisé samedi que l’engin, « lancé depuis le territoire de l’Ukraine », était un Tupolev Tu-141 Strizh, un aéronef télécommandé fabriqué dans les années 1970 et 1980 pour les besoins de l’armée soviétique qui l’utilisait pour des missions de reconnaissance. Selon le ministre, ce drone de 14 mètres de longueur et de plus de 6 tonnes a subi des « modifications (…) selon toute évidence, ces derniers temps ».

« Les traces de l’explosif et autres éléments trouvés laissent supposer que cet engin n’était pas destiné à la reconnaissance », a dit M. Banozic. Il n’a pas indiqué si la bombe avait explosé, et n’a pas su en préciser le type. L’épave du drone et les fragments de la bombe seront transportés « dans une zone militaire où une analyse détaillée sera faite », a-t-il expliqué.

L’engin s’est écrasé jeudi soir dans un parc situé à six kilomètres du centre de Zagreb, à côté d’une cité universitaire hébergeant 4 500 étudiants et à quelque 200 mètres d’un quartier résidentiel, sans faire de victimes.

Les enquêteurs ont découvert aussi la « boîte noire » de l’engin qui devrait permettre, avec les coordonnées de la trajectoire enregistrées par des radars, de déterminer son point de départ, selon le ministre.

Le drone est entré dans l’espace aérien croate par l’est du pays, volant à une vitesse de 700 km/h et à une altitude de 1 300 mètres, selon un communiqué du ministère croate de la Défense. Les autorités croates affirment que l’engin a volé pendant environ 40 minutes dans l’espace aérien hongrois et que la Croatie n’en a pas été informée. Avant de s’écraser à Zagreb, le drone a volé pendant sept minutes dans l’espace croate, selon la même source.

« Nous ne savons pas à qui il appartenait (…) les parties russe et ukrainienne affirmant que ce n’est pas le leur », a expliqué le premier ministre croate, Andrej Plenkovic, qui a déploré, hier, les défauts de coordination au sein de l’OTAN dans cet « incident ».

A Tchernobyl, le personnel épuisé arrête les réparations de sécurité

« Le régulateur ukrainien a informé l’AIEA que le personnel à [Tchernobyl] ne procède plus aux réparations et à la maintenance de l’équipement lié à la sécurité, en partie du fait de leur fatigue physique et psychologique après avoir travaillé sans arrêt depuis trois semaines, » informe, ce soir, l’Agence internationale de l’énergie atomique, dans un communiqué, sans donner plus de détails.

Les troupes russes ont pris le contrôle du site le mois dernier.

La Chine ne veut pas que la situation en Ukraine s’aggrave

« La situation actuelle en Ukraine est (…) déconcertante », a déclaré le porte-parole de l’ambassade chinoise aux Etats-Unis, Liu Pengyu, dans un communiqué.

« La priorité maintenant est d’empêcher que la situation tendue ne s’aggrave ou ne devienne même hors de contrôle », a-t-il précisé, alors que le Financial Times a relayé une information venue de Washington selon laquelle la Russie aurait demandé à Pékin un soutien militaire.

Les réfugiés venus d’ailleurs et les associations dénoncent le « deux poids, deux mesures » du gouvernement en matière d’accueil.

Lire aussi : Accueil des réfugiés : le désespoir des non-Ukrainiens face à la différence de traitement

« Au moins 12 morts » depuis le début de la guerre lors d’attaques contre les soins de santé, selon l’Unicef

Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, le 24 février, « 31 attaques contre les soins de santé ont été documentées », faisant « au moins 12 morts et 34 blessés », selon un décompte communiqué dimanche par l’Unicef.

« Le système de soins de santé en Ukraine est manifestement mis à rude épreuve, et son effondrement serait une catastrophe », alertent les directeurs généraux de l’Unicef, du FNUAP (Fonds des nations unies pour la population) et de l’OMS, dans une déclaration commune.

Selon ces agences et organisation, 4 300 naissances ont eu lieu en Ukraine depuis le début de la guerre et 80 000 Ukrainiennes devraient accoucher au cours des trois prochains mois. « L’oxygène et les fournitures médicales, y compris pour la gestion des complications de la grossesse, sont dangereusement bas », peut-on lire dans la déclaration.

« Aujourd’hui, nous demandons l’arrêt immédiat de toutes les attaques contre les soins de santé en Ukraine », écrivent l’Unicef, le FNUAP et l’OMS, dénonçant des attaques « horribles ». « Le droit international humanitaire (…) doit être respecté et la protection des civils doit être notre priorité absolue », rappellent-ils.

Pertes militaires à Irpin

Des militaires ukrainiens transportent le corps de camarades sur des civières dans la ville d’Irpin, au nord-ouest de Kiev, le 13 mars 2022.

Kiev confirme la tenue de négociations avec Moscou par visioconférence lundi

Une session de négociations par visioconférence entre la Russie et l’Ukraine se tiendra lundi, a confirmé dimanche soir Mykhaïlo Podoliak, un négociateur et conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Plus tôt dans la soirée, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov avait annoncé la tenue de cet échange.

Depuis le début de l’offensive militaire de Moscou, le 24 février, trois tours de pourparlers ont eu lieu en Biélorussie. Ils étaient essentiellement focalisés sur la création de couloirs humanitaires pour les civils.

PHOTOS | Depuis que les premières sirènes ont retenti le 24 février, marquant le début de l’offensive russe sur l’ensemble du territoire ukrainien, la population s’abrite comme elle peut. Dans les métros, les caves, les parkings, la vie s’organise malgré la terreur des bombardements.

Lire aussi : Ukraine, la vie sous terre

Service photo

Depuis l’accession de Vladimir Poutine au pouvoir en Russie, en mars 2012, Le Monde a publié beaucoup d’articles, d’enquêtes, d’analyses sur le président russe, ses actions, sa communication ou son influence. Voici une sélection non exhaustive.

Lire aussi : Dans les archives du « Monde » : 23 articles essentiels sur Vladimir Poutine

A Irpin près de Kiev

Un militaire ukrainien s’abrite derrière une voiture dans la ville d’Irpin, au nord-ouest de Kiev, le 13 mars 2022. Les forces russes avancent toujours plus près de la capitale par le nord, l’ouest et le nord-est.

Bonsoir,

Brent Renaud, un journaliste américain indépendant de 50 ans, a été tué par balle dimanche à Irpin, dans la banlieue nord-ouest de Kiev, où les combats font rage depuis plusieurs jours. Il est le premier journaliste étranger à être tué depuis le début de l’invasion russe, le 24 février.

Les autorités ukrainiennes ont rapidement accusé leurs ennemis russes d’avoir tiré sur Brent Renaud, qui se trouvait avec un autre journaliste américain qui a été blessé, mais l’origine des tirs était difficile à établir dans l’immédiat.

« Nous consultons les Ukrainiens pour déterminer comment cela est arrivé », a déclaré sur la chaîne américaine CBS Jake Sullivan, conseiller national à la sécurité du président américain, Joe Biden, en dénonçant un meurtre « choquant et horrifiant ».

« Les forces russes en Ukraine doivent cesser immédiatement toutes les violences contre les journalistes et les civils, et celui qui a tué Renaud, quel qu’il soit, devra rendre des comptes », a réagi dans un tweet le Comité pour la protection des journalistes, sis à New York.

A Marioupol, les habitants « boivent de l’eau en drainant les radiateurs »

Notre journaliste Faustine Vincent, chargée de l’Europe de l’Est au service International du Monde, a recueilli le témoignage d’Oleksandr. Agé de 35 ans, il vit dans l’ouest de l’Ukraine mais ses parents, ainsi que ceux de son épouse, sont à Marioupol, ville assiégée par les forces russes.

Quand il arrive à la joindre par téléphone, sa mère lui rapporte des réserves d’eau presque épuisées, des températures glaciales – celle des appartements ne dépassant plus les 10 degrés désormais – et, surtout, un découragement profond des populations. « Dans la ville, personne ne croit qu’ils vont survivre », dit Oleksandr.

« J’ai la chair de poule quand j’entends ma mère me dire que, pour éviter la déshydratation, ils boivent de l’eau en drainant les radiateurs, dit-il encore. D’autres boivent de la neige fondue. »

L’invasion russe de l’Ukraine se traduira bien par une inflation accrue, mais n’aura pas totalement raison de la reprise de l’activité post-Covid-19 de l’économie française, selon les prévisions macroéconomiques de la Banque de France, publiées dimanche. Les économistes de l’institution escomptent une croissance de l’activité comprise entre 2,8 % et 3,4 %, doublée d’une inflation entre 3,7 % et 4,4 % en 2022, selon ses différents scénarios.

Lire aussi : Malgré la guerre en Ukraine, la Banque de France n’envisage pas de récession

Bonjour Fritz,

Assez peu d’informations nous parviennent sur l’avancée du convoi d’aide humanitaire qui devait atteindre Marioupol dimanche. Toutefois, Emine Dzheppar, vice-ministre des affaires étrangères ukrainienne, a dit dimanche soir sur Twitter que « le convoi n’avait pas encore atteint la ville assiégée de Marioupol ».

Par ailleurs, un conseiller du maire, Petro Andryushchenko, a appris à l’Agence France-Presse (AFP) dans la soirée que les véhicules avaient dû faire demi-tour à cause de tirs russes incessants. Une nouvelle tentative est prévue lundi.

De nouvelles négociations prévues lundi, selon Moscou

Le Kremlin a annoncé dimanche que les pourparlers entre Kiev et Moscou se poursuivraient lundi par visioconférence. Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, cité par l’agence de presse publique TASS, a démenti que des pourparlers étaient en cours dimanche, précisant que ceux-ci reprendraient le 14 mars.

Plus tôt dans la journée, un négociateur russe avait constaté « des progrès significatifs » dans les négociations entre les deux pays. « Mon attente personnelle est que ces progrès aboutissent très prochainement à une position commune entre les deux délégations et à des documents à signer », a précisé Leonid Sloutski.

Depuis le début de l’offensive militaire de Moscou, le 24 février, trois tours de pourparlers ont eu lieu en Biélorussie. Ils étaient essentiellement focalisés sur la création de couloirs humanitaires pour les civils.

Dimanche, Mykhaïlo Podoliak, l’un des conseillers du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a affirmé sur Twitter que Moscou avait cessé de lancer « des ultimatums » à Kiev et commencé à « écouter attentivement nos propositions ». M. Zelensky avait estimé samedi que Moscou avait adopté une approche « fondamentalement différente » dans ces négociations, tandis que son homologue Vladimir Poutine a dit vendredi avoir vu « des avancées positives ».

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Le contexte

Live animé par Sandra Favier, Marie Slavicek et Romain Del Bello

  • Au dix-huitième jour de la guerre en Ukraine, dimanche 13 mars, des frappes aériennes russes ont visé, dans la nuit de samedi à dimanche, une base militaire dans l’ouest de l’Ukraine, près de la frontière polonaise, et fait 35 morts et 134 blessés, selon un bilan communiqué par les autorités ukrainiennes dimanche à la mi-journée. La base de Yavoriv, située à 40 kilomètres au nord-ouest de Lviv, était l’un des principaux centres servant aux exercices militaires conjoints avec l’OTAN.
  • Brent Renaud, un journaliste américain indépendant de 50 ans, a été tué par balle dimanche à Irpin, dans la banlieue nord-ouest de Kiev, où les combats font rage depuis plusieurs jours. Il est le premier journaliste étranger à être tué depuis le début de l’invasion russe, le 24 février.
  • Le conseiller américain à la sécurité, Jake Sullivan, a averti Pékin qu’il y aurait des conséquences en cas d’aide à Moscou pour contourner les sanctions internartionales imposées après l’attaque sur l’Ukraine.
  • Dans la ville assiégée de Marioupol (Sud-Est), où la situation est « quasi désespérée » selon Médecins sans frontières, les habitants espéraient l’arrivée dimanche d’un convoi d’aide humanitaire, bloqué à un barrage russe. Le président ukrainien a annoncé qu’il devrait arriver sur place lundi après-midi. Le Comité international de la Croix-Rouge a mis en garde contre « un scénario du pire » alors que la mairie fait état de plus de 2 100 morts. L’armée russe bombarde également massivement la ville portuaire de Mykolaïv.
  • Une session de négociations par visioconférence entre la Russie et l’Ukraine se tiendra lundi, a confirmé dimanche soir Mykhaïlo Podoliak, un négociateur et conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Plus tôt dans la soirée, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov avait annoncé la tenue de cet échange.
  • Une grande manifestation a eu lieu dimanche à Kherson (Sud), pour protester contre l’occupation de la ville par les forces russes, selon des médias locaux. Cette ville de 290 000 habitants est tombée aux mains de l’armée russe dans la nuit du mercredi 2 au jeudi 3 mars.
  • « Environ 1 300 » militaires ukrainiens ont été tués depuis le 24 février, a annoncé samedi le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, ainsi qu’au moins 596 civils, selon le décompte dimanche de l’ONU, qui souligne que ses bilans sont probablement très inférieurs à la réalité.
  • En vingt-quatre heures, quelque 100 000 personnes sont venues grossir les rangs des réfugiés qui ont fui les combats, portant leur nombre à près de 2,7 millions, selon un décompte publié dimanche par les Nations unies.

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Enquête. Comment la guerre en Ukraine a ébranlé l’ordre mondial

Témoignages. « C’est comme si on ne pouvait plus penser au lendemain » : les rêves brisés des jeunes Ukrainiennes

Chronique. Vladimir Assad et Bachar Poutine

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Portrait. Mykhaïlo Fedorov, chef de guerre numérique en Ukraine

Notre direct du samedi 12 mars est à retrouver ici.

  • Le point sur l’invasion russe en Ukraine
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